Le lavement des pieds

« C’était la veille de la fête de la Pâque. Jésus savait que l’heure était venue pour lui de quitter ce monde pour aller auprès du Père. Il avait toujours aimé les siens qui étaient dans le monde et il les aima jusqu’à la fin. » Jean 13:1

 

Les enseignements que j’ai pu entendre sur le lavement des pieds parlaient d’humilité, de s’abaisser et de servir les autres. Voici quelques pensées issues de ma méditation personnelle pour compléter ce que d’autres ont déjà dit sur ce passage.

Laver les pieds… Concrètement, ce n’est pas très glamour.
Quand je marche en sandales durant l’été, à la fin de la journée, mes pieds ne sont plus vraiment roses et ne sentent plus le savon. Et pourtant, les rues sont goudronnées et nettoyées.
Au temps de Jésus, on marchait sur des routes faites de terre ou de cailloux. Jésus et Ses disciples traversaient beaucoup de villes pour aller à la rencontre du peuple. Autant dire qu’à la fin de la journée, leurs pieds n’étaient plus vraiment très propres!
Ce qu’a fait Jésus consistait donc à laver des pieds sales, remplis de terre et qui sentaient mauvais. De même, Jésus n’a pas peur de se salir les mains en me lavant les pieds.

La scène se déroule la veille de la Pâque, avant que Jésus ne soit livré. Cela veut dire que Judas avait déjà décidé de trahir Jésus. Et pourtant, cela n’a pas empêché Jésus de laver ses pieds.
Si je m’arrête un instant sur ce point, je me dis qu’il a fallu une sacré dose d’amour à Jésus pour manger, s’abaisser, laver et essuyer les pieds d’une personne qui allait le conduire à la mort!

Sur les douze disciples, il y en a un, Simon Pierre, qui refuse que Jésus lui lave les pieds.
Ce qui est intéressant , c’est de voir la réponse que Jésus lui donne :

1) «…tu ne saisis pas maintenant ce que je fais, mais tu comprendras plus tard » v7

Dans plusieurs passages des évangiles, Jésus annonce Sa mort et Sa résurrection à Ses disciples mais ils ne Le comprennent pas. Dans Marc 8 v31-33, on lit que Pierre se met même à faire des reproches à Jésus. On voit bien qu’il ne saisit effectivement pas encore le sens du sacrifice de Jésus à ce moment-là.
C’est la veille de la Pâque. La première fois où on parle de la Pâque dans la Bible, c’est dans l’Ancien Testament, au moment où le peuple juif est sur le point de quitter l’Egypte. La dernière plaie est annoncée : tous les premiers-nés garçon (animaux et hommes) de l’Egypte vont mourir.
Pour épargner la vie des premiers nés chez les hébreux, l’Eternel ordonne à Moïse de les racheter car ils Lui sont consacrés.
La plaie se déclenche; le pharaon cède et laisse partir le peuple. Les voici libres.

Dans le Nouveau Testament, la Pâque est le moment où Jésus va mourir, présenter Son sang juste devant le Père et ainsi nous racheter, nous sauver.

Il y a un parallèle entre la sortie d’Egypte et ce qu’a fait Jésus (Fils aîné de Dieu) par Sa mort et Sa résurrection.
Dans les deux cas, s’ensuit la liberté, un nouveau commencement. Au temps de Moïse, la Pâque précède la sortie de l’esclavage et marque le premier mois de l’année.
Dans le Nouveau Testament, c’est grâce à la mort et la résurrection de Jésus, que nous sommes libérés, que notre nouvelle vie commence.

Pour revenir au lavement des pieds, c’est un signe prophétique annonçant ce que Jésus va faire par Sa mort et Sa résurrection : pardonner nos péchés et racheter nos vies.

2) « Si je ne te les lave pas, tu n’auras aucune part à ce que j’apporte » v8

Ce que Jésus nous apporte par Sa mort et Sa résurrection est, entre autre, le pardon de nos péchés et la vie après la mort.

Dans Jean 14v6, Jésus dit : « Moi, Je suis le chemin, la vérité et la vie ; nul ne vient au Père que par Moi. »
Si Pierre ou qui que ce soit refuse de croire que Jésus est venu sur terre pour mourir, ressusciter, qu’Il est le Sauveur, le Messie, alors il sera séparé de Dieu pour l’éternité.
La « part » que Jésus nous apporte peut vouloir dire l’héritage, ce que j’ai à la fin de toute chose. Apocalypse 21, nous montre quel est cet héritage :

« Voici la Tente de Dieu avec les hommes. Il habitera avec eux ; ils seront ses peuples et lui, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux. La mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni plainte, ni souffrance. Car ce qui était autrefois a définitivement disparu. Alors celui qui siège sur le trône déclara : Voici : je renouvelle toutes choses. Il ajouta : Ecris que ces paroles sont vraies et entièrement dignes de confiance.
Puis il me dit : C’en est fait ! Je suis l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin. A celui qui a soif, je donnerai, moi, à boire gratuitement à la source d’où coule l’eau de la vie.
Tel sera l’héritage du vainqueur. Je serai son Dieu et il sera mon fils. »

Cet héritage là n’a pas de prix, si ce n’est celui du sang de Jésus, l’Agneau parfait de la Pâque. Nous avons dès aujourd’hui les prémices de cet héritage, au travers du Saint-Esprit.

Jésus nous invite à suivre Son exemple, à laver les pieds de ceux qui nous entourent, à pardonner à ceux qui nous ont fait du tort. Cela rejoint la prière que Jésus a enseignée à Ses disciples dans Matthieu 6 v12 : « Pardonne-nous nos torts envers Toi comme nous aussi nous pardonnons les torts des autres envers nous ».

Pardonner n’est pas chose facile. Et généralement, les plus grandes blessures viennent des personnes les plus proches de nous, celles en qui nous avions toute confiance.
Pardonner ne veut pas dire minimiser ou ne pas reconnaître le tort, la douleur.
Pardonner veut dire : « Tu m’as fait mal, je saigne mais je décide de remettre la dette. »

Vous me direz certainement que c’est plus facile à dire qu’à faire!

Je me suis retenue de pardonner à des gens qui m’avaient fait mal ou qui avaient trahi ma confiance. Une partie de moi s’est construite sur la colère et la rancune. Et, le résultat n’était pas très beau à voir. Par mon choix de retenir le pardon, je me suis finalement enfermée dans une douleur qui ne faisait qu’augmenter, jusqu’au jour où je me suis retrouvée, face à moi-même, face à une plaie si grande que je ne voyais pas comment la refermer.
J’ai vu la croix. Jésus était là. Et Il me disait « Moi, Je peux refermer cette plaie. Je suis mort pour ça aussi! »
J’ai fini par lâcher prise et libérer le pardon.
La douleur n’est pas partie instantanément mais je n’oublierai jamais ce sentiment de légèreté qui s’est emparé de moi. Il est resté à ma charge d’aller au bout du processus de guérison, de demander de l’aide, etc. Mais choisir de pardonner a été le premier pas vers ma liberté.


Jésus, merci d’avoir donné Ta vie pour me laver, me pardonner et me racheter.

Merci parce que Tu n’as pas honte de me laver tout à nouveau, comme Tu as lavé les pieds de Tes disciples.
Enseigne-moi Tes voies, apprends-moi à Te suivre.
Montre-moi comment à mon tour pardonner à ceux qui m’ont fait du tort, et laver les pieds de ceux qui m’entourent.